L’homme à l’oreille croquée

Synopsis

Jonathan, 17 ans, a été réorienté en lycée professionnel, celui « des métiers de la viande » pour devenir boucher. Il n’y trouve pas sa place. Les cours ne le passionnent pas et il a peu d’amis, ou plutôt il n’a qu’un ami, Eric, viré l’année précédente et qu’il retrouve parfois, après les cours, devant l’internat du lycée.

En fait, Eric, c’est sans doute la seule personne avec qui Jonathan se sente à l’aise. Parce qu’au naturel, Jonathan ne le paraît justement jamais… naturel. Il n’y a qu’à voir, ce vendredi soir, alors que Jonathan prend le train pour rentrer chez ses parents comment il paraît emprunté, face à la splendide jeune fille de 25 ans qui lui fait face dans le compartiment.

Mais soudain, catastrophe… le train déraille. Bruit de déflagrations et chez Jonathan, le souvenir de sensations : son visage qui racle le sol et avale de la terre, son visage qui se colle à la chevelure de la jeune fille… puis, plus rien, sauf lorsque les secours viennent le chercher, la jeune fille bousculée par les découpes qui lui mord l’oreille, lui qui voit une vague lumière à travers les tôles entaillées et lui qui tombe dans les pommes.

A l’hôpital, Jonathan se réveille avec un bout d’oreille en moins. Sa première obsession est de retrouver cette jeune fille. Pas de trace d’elle dans les couloirs de l’hôpital et des médecins qui restent évasifs à son sujet.

Quelques semaines plus tard, Jonathan rentre chez lui, choyé par sa famille qui s’inquiète aussi pour ses futurs examens qui approchent. Dans les journaux relatant la catastrophe et conservés par son petit frère, Jonathan retrouve une vieille photo de sa voisine de compartiment, présentée comme une victime de la catastrophe. Mais pourtant, Jonathan en est sûr : elle n’a pas pu mourir. Ce n’est pas le corps d’une morte qu’il a serré dans ses bras, avant que les secours arrivent.

Retour au lycée. Jonathan est de plus en plus déconnecté du rythme scolaire. Qui plus est, pour des raisons d’hygiène, il est souvent exclu des cours à cause de son oreille qui se remet à saigner. Son obsession pour la jeune fille grandit. Il fouille dans ses souvenirs, se remémore des bribes de conversation, des noms de lieux qu’elle a pu évoquer pour savoir d’où elle peut venir ou bien où elle comptait se rendre.

Jonathan se souvient alors du nom d’une crêperie évoqué dans une conversation au portable. Manque de bol, des Crep’Breizh, c’est une chaîne et il y en a plus de 75 en Bretagne. En revanche, quelques jours plus tard, on lui sert à la cantine, un biscuit. Il en est sûr… C’est celui que la jeune fille lui a proposé de goûter, quelques secondes avant l’accident et dont elle lui avait dit que ça venait « de son coin ». Sur le paquet, il retrouve le village en question… qui compte également un Crep’Breizh. Cette fois, c’est sûr. Il sait d’où vient la jeune fille.

Un soir, alors qu’il retrouve Eric au café, Jonathan se fait aborder par un homme qui se dit agent d’assurances mais qui a particulièrement l’air de l’épier… l’épier jusqu’à le poursuivre sur le chemin du retour. Que veut cet homme. Des renseignements sur la jeune fille qui était avec lui dans le compartiment. Jonathan ne dit rien, mais de ce jeu de chat et de la souris, il acquiert une certitude. La jeune fille n’a pas pu disparaître et des hommes sont à sa recherche. Il faut donc partir la prévenir.

La nuit avant le bac, Jonathan fait le mur du lycée et part en direction de Paule, le village de la jeune fille. Ce serait tellement simple en train, mais Jonathan est phobique, ne peut plus monter dans un wagon. Il passe donc la journée en stop et à pied jusqu’à arriver au village de Paule.

Village où tout le monde est déguisé car c’est aujourd’hui jour de fête. Jonathan retrouve la jeune fille, mais celle-ci est suivie comme son ombre par un gendarme garde du corps. Surveillé par le gendarme, ils ne peuvent se parler frontalement alors ils échangent des banalités et Jonathan en profite pour se faire passer pour le petit cousin de la jeune fille.

Mais vite, sur le chemin du retour, le gendarme garde du corps se fait abattre. Il faut cacher le corps dans la forêt et la jeune fille doit s’enfuir, persuadée que les hommes de main (le faux agent d’assurance et ses complices) qui poursuivaient  Jonathan sont revenus sur sa piste.

Mais Jonathan ne va pas s’arrêter là. Il s’accroche à la jeune fille et entame la cavale avec elle. Pourtant, la jeune fille ne veut surtout pas mêler Jonathan à cette affaire, mais vite, elle n’a pas le choix. Jonathan lui sauve la vie devant deux tueurs qui la menaçaient et montre son visage héroïque que ni lui ni la jeune fille ne soupçonnaient.

Pour se tirer d’affaire, la jeune fille pense alors pouvoir prendre les affaires à sa main : faire monter les enchères pour négocier sa tranquillité en échange des documents des malfrats qu’elle détient et qu’elle n’a pas donné à la police.

Rendez-vous est pris le lendemain dans un restaurant de bord de mer, mais en lieu et place du « boss » avec qui le rendez-vous avait été convenu, c’est Mathilde, une ancienne comparse de la jeune fille qui se présente. Elle tente d’amadouer la jeune fille, de lui dire qu’elle ne pourra jamais faire plier l’organisation. La jeune fille et Jonathan fuient par les cuisines. Les hommes de main (qui s’étaient dissimulés dans le restaurant) et Mathilde les poursuivent.

Une fusillade éclate à l’arrière du restaurant. Mathilde essuie une balle perdue et meurt en adressant un dernier regard à la jeune fille.

Jonathan et la jeune fille courent le long d’un chemin côtier. Ils se réfugient dans une grotte blottie au fond d’une crique. C’est un refuge, mais c’est aussi un piège. Menacés par la marée montante, ils ne peuvent plus bouger. Ils pourraient s’y noyer, s’y étouffer. Dehors, un homme de main attend qu’ils sortent, traqués, sans échappatoire. Entre eux, reviennent alors les sensations de ce qui s’était produit juste après le déraillement du train, cet étrange moment sensuel quand ils se frôlaient, quand ils se blottissaient l’un contre l’autre sous les décombres de la catastrophe.

Dans la grotte résonnent des coups de feu. L’homme de main a décidé de donner l’assaut et de tirer à l’aveuglette. Alors que les balles frôlent les visages de la jeune fille et Jonathan, ce dernier tranche la main du tueur, grâce au hachoir qu’il avait subtilisé dans les cuisines du restaurant au moment de la fuite. Lui qui n’arrivait même pas à découper une tranche de viande durant ses cours au lycée professionnel a enfin trouvé le geste.

Jonathan et la jeune fille peuvent sortir sain et sauf de la grotte. Ils reprennent la route et arrivent à la gare de Lorient au petit matin. Ils s’encouragent à remonter dans le train et jurent de se séparer à l’arrivée. Seulement, ils ne savent pas que, dans le train, le contrôleur n’est autre que « le boss », qui retrouve enfin la jeune fille pour un dernier face-à-face. Pris de vertiges à cause de son oreille, Jonathan s’est terré sous une banquette et ne peut qu’assister impuissant à ces retrouvailles… à moins que par un dernier geste, il puisse sauver la jeune fille.

Au terme du voyage, « le boss » est arrêté par la police et Jonathan et la jeune fille séparés. Ils échangent un dernier regard, persuadés que cette aventure commune était la dernière.

Epilogue.

Plusieurs semaines plus tard, Jonathan passe l’été dans l’Aveyron. Alors qu’il se baigne dans une rivière, il voit ressurgir la jeune fille, protégée par des gardes du corps, juste avant son départ pour aller « refaire sa vie ». Retrouvailles, embrassades, effusions, amour. Puis elle qui part soudainement, qui fouille dans le portefeuille de Jonathan, lui prend un peu d’argent et déchire la photo d’elle qu’il avait conservé. Sous le regard interdit de Jonathan, elle lui demande de l’oublier et disparaît.

FIN

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